lundi 30 mars 2015

Et zut, il faut (encore) voter...

Il me reste 24 h pour voter. Non pas pour les départementales, je sais bien que c'est plié depuis hier soir. Je dois m'exprimer dans le cadre du Prix des lecteurs sur la sélection du mois de Mars.

3 romans,  3 coups de cœur,  comment choisir ?

Autant le mois précédent, mon choix était évident, ce mois-ci me voici réellement partagée et ne sais toujours pas quoi faire...

Pour mémoire, les romans que j'ai lus :
  1. "Sombre dimanche" d'Alice Zeniter (prix livre Inter, prix des lecteurs de l'Express, prix Closerie des Lilas),
  2. "Bérénice 34 - 44" d'Isabelle Stibbe (prix Simone Veil 2013 ; prix des grandes écoles 2013 ; prix de l'école normale supérieure de Cachan 2014), 
  3. "Une vie entre deux océans" de M.L. Stedman.

Parce que même si j'ai aimé les trois romans sélectionnés, il me faut n'en choisir qu'un et un seul.  Je vais donc procéder avec méthode.

Bien qu'ayant aimé le style d'Alice Zeniter qui nous offre avec "Sombre dimanche" un beau texte nous enveloppant d'une douce mélancolie, je n'oublie que j'ai été un peu déçue (et oui j'ose !). Certes, l'auteure a le sens du récit, du détail et de la formule qui révèle toute la fragilité et les contradictions de ses personnages, il n'empêche que je suis restée sur ma fin. J'aurai notamment apprécié que le contexte historico-politique soit plus développé. 
Bien que "Sombre dimanche" ait reçu le prix du livre Inter en 2013 et bien qu'ayant passé un bon moment de lecture, non, je ne voterai pas pour ce roman.

Mon avis ici :
  
J'ai eu un véritable coup de cœur pour le premier roman d'Isabelle Stibbe "Bérénice 34 - 44" et ce n'est pas par corporatisme. Non, Isabelle Stibbe a un réel talent ! Avec sa Bérénice, la bien nommée, l'auteure m'a entraînée dans les coulisses de la Comédie Française et l'univers d'une troupe qui croit à la pertinence de la culture comme valeur. Isabelle Stibbe traite avec beaucoup de sensibilité et de précision de la passion et de la détermination d'une jeune fille prête à tout pour devenir et rester comédienne. Véritable  hommage à la nécessité de l’idéal, de la passion dans une vie humaine, les mots, les phrases et les pages s'enchainent sans que l'on s'en rende compte. Le style d'Isabelle Stibbe est fluide, on prend un réel plaisir à la lire.

"Bérénice 34 - 44"
a été récompensé par de nombreux prix littéraires dont le prix Simone Veil, le prix des grandes écoles et le prix littéraire de l’École normale supérieur de Cachan.
Même s'ils sont mérités, ces prix doivent-ils exercer une quelconque influence sur le jury des lecteurs ? Bien sûr que non et puis un prix littéraire, aussi prestigieux soit-il, ne fait pas le roman.
Je dois bien avouer que si à l'instar du second tour des départementales, je n'avais qu'à choisir qu'entre 2 romans seulement,
"Bérénice 34 - 44" aurait remporté mon suffrage, sans aucune hésitation. Oui mais voilà, il y en a un 3ème roman en lice... 

Mon avis ici :


"Une vie entre deux océans" est le troisième roman de la sélection,  mon troisième coup de cœur et surtout le premier roman de Margot L. Stedman. Un premier roman plébiscité et traduit dans le monde entier. Je dois bien reconnaître que son auteure manie la plume  avec beaucoup de sensibilité et de finesse, elle sait décrire les sentiments et tenir ses lecteurs sous pression. C'est tellement vrai, qu'une fois commencé il  m'est devenu impossible de reposer ce livre. 
Peut-on bâtir sa vie sur un mensonge, même pour le bonheur de l'autre ? 
Sans jamais porter de jugement, l'auteure nous embarque dans la psychologie du mensonge. Du mensonge à la culpabilité, tous les sentiments y passent jusqu'à ce que la vérité éclate et avec elle, la colère, la compassion, la justice, puis le pardon.
Margot L. Stedman n'a pas encore reçu de prix littéraire, mais son roman est déjà en cours d'adaptation au cinéma,  c'est déjà une jolie récompense.

Mon avis ici :
http://the-fab-blog.blogspot.fr/2015/03/mon-avis-sur-une-vie-entre-deux-oceans.html


Je ne vais pas vous mentir, à l'issue de ce post, je sais pour qui voter...
Parce que l'histoire m'a touchée, parce que le style m'a plu, parce que le roman est très bien ficelé, parce que l'on ne s'ennuie pas, parce qu'il m'a remuée, parce que j'aime l'océan et les phares, pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, je sais maintenant que je vais voter pour
"Une vie entre deux océans" de Margot L. Stedman


Et pour conclure, je ne peux que vous inciter à lire la sélection du mois de Mars. 3 romans, 3 univers différents mais un même point commun, le plaisir de lire.  

Lisez-les, vous ne le regretterez pas.

Bonne lecture !
 

dimanche 29 mars 2015

Mon avis sur "Une vie entre deux océans" de M.L. Stedman



Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne, revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l’île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu’au jour où un canot vient s’échouer sur le rivage. A son bord, le cadavre d’un homme, ainsi qu'un bébé, sain et sauf. Pour connaître enfin la joie d'être parents, Isabel demande à Tom d’ignorer les règles, de ne pas signaler "l’incident". Une décision aux conséquences dévastatrices…

"Une vie entre deux océans" est le premier roman de
Margot L. Stedman. Un premier roman plébiscité et traduit dans le monde entier. Il faut bien reconnaître que son auteure manie la plume  avec beaucoup de sensibilité et de finesse, elle sait décrire les sentiments et tenir les lecteurs sous pression. C'est tellement vrai, qu'il  devient difficile de reposer ce livre. 

A travers ce roman, Margot L. Stedman traite du mensonge. Peut-on bâtir sa vie sur un mensonge, même pour le bonheur de l'autre ? 
Sans jamais porter de jugement, l'auteure nous embarque dans la psychologie du mensonge. Du mensonge à la culpabilité, tous les sentiments y passent jusqu'à ce que la vérité éclate et avec elle, la colère, la compassion, la justice, puis le pardon.
Cela faisait des semaines que Tom pensait à ce moment, se demandant comment il allait aborder le sujet. Il s'éclaircit la gorge.
- Est-ce que tu as déjà fait... quelque chose de mal, Ralph ?
Le vieil homme lui lança un regard en coin.
- Et ça veut dire quoi cette question bizarre ?
- Ce que je veux dire, enfin... c'est comment tu peux corriger quelque chose quand tu as vraiment  foiré ? Comment tu répares, après ?
- Quand tu as fait quelque chose de grave ?
De quoi tu veux me parler ? C'est pas mes oignons, bien sûr... Je ne veux pas mettre mon nez dans tes affaires.
- Mon père en mourant, m'a obligé à penser à toutes les mauvaises choses que j'ai faites au cours de ma vie, et à comment corriger tout çà avant ma propre mort.
Je ne connaîtrai même jamais leurs noms...
- Les noms de qui ?
- Des hommes que j'ai tués.
- Tu sais bien comment c'est dans ces putains de guerres : tu tues pour ne pas être tué.
- Plus le temps passe, plus tout cela me semble insensé.
 
"Une vie entre deux océans" est un livre sensible, très bien construit qui se dévore. A découvrir ! Et pour ceux qui n'ont pas le temps de lire 521 pages, patience, ce livre est en cours d'adaptation au cinéma.

Bonne lecture !


Prix des lecteurs du Livre de Poche, la sélection d'Avril-15


C'est avec plaisir que je vous dévoile la sélection du mois d'Avril du Prix des lecteurs 2015 catégorie "Littérature".

  1.  "L'empreinte de toute chose" d'Elizabeth Gilbert
  2.  "L'enfant de l'étranger" d'Alan Hollinghurst (prix du meilleur livre étranger en 2013)
  3.  "L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa" de  Romain Puertolas.


 J'ai déjà lu "L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa" et sais d'ores et déjà que je ne sélectionnerai pas ce livre. A dire vrai et au vu de la sélection du mois précédent, je ne comprends même pas pourquoi ce livre a été sélectionné. Surement parce que l'on en avait fait un tapage médiatique lors de sa sortie et c'est d'ailleurs la raison qui m'avait poussée à le lire.

Les deux autres romans sélectionnés me promettent de jolis moments de lecture... J'ai hâte de les découvrir.



mardi 24 mars 2015

Mon avis sur "Bérénice 34 - 44" d'Isabelle Stibbe

Juriste de formation, Isabelle Stibbe est titulaire d'un doctorat en droit et du certificat d'aptitude à la profession d'avocat. A une carrière d'avocate qui s'annonçait certainement  très prometteuse, elle a préféré l'écriture. Et je dois bien avouer qu'au vu du résultat, la juriste que je suis, ne peut qu'approuver son choix !

"Bérénice 34 - 44" est son premier roman. Il a été récompensé par de nombreux prix littéraires dont le prix Simone Veil, le prix des grandes écoles et le prix littéraire de l’École normale supérieur de Cachan. En toute objectivité, ces prix sont mérités. 

1934. Malgré l’hostilité de ses parents, Bérénice, 15 ans, est admise au Conservatoire, dans la classe de Louis Jouvet. Sa vie est désormais rythmée par l'apprentissage des grands rôles du répertoire et par ses rencontres avec des acteurs de renom...  Trois ans plus tard, elle entre à la Comédie Française et prend le nom de Bérénice de Lignières. Rien ne peut entacher son bonheur, ni la montée du fascisme en Europe, ni les rivalités professionnelles amoureuses. Mais au tout début de l’Occupation, avant même la promulgation des lois raciales, la maison de Molière exclut les Juifs de sa troupe. Dénoncée par une lettre anonyme, Bérénice est rattrapée par son passé. Sous les ors et velours de la Comédie Française va se jouer un drame inédit, celui d'une actrice célèbre, prise au piège d'une impitoyable réalité.

Isabelle Stibbe traite de la passion et de la détermination d'une jeune fille que son prénom prédestinait à devenir comédienne.   Prête à tout, même à renier ses origines pour vivre sa passion,  Bérénice Capel renoncera à ses parents, changera de patronyme pour devenir Bérénice de Lignières et ainsi entrer au Conservatoire. Sous l'Occupation, alors que la Comédie Française demandera aux acteurs juifs de partir, elle renoncera à sa judéité pour continuer à jouer, jusqu'à ce qu'elle soit dénoncée. Elle renoncera également à son mari, un compositeur juif qui a été contraint de s'exiler en Espagne et qu'elle ne rejoindra jamais. Peut-on renoncer à tout pour vivre sa passion ? Tel est le sujet principal abordé par l'auteure.

Ce soir dans des milliers de maisons françaises, des pères sont en train d'expliquer à leurs enfants que demain ils devront porter cette étoile sur leurs habits, demain des mères découperont les étoiles dans du tissu jaune qu'elles auront acheté avec leurs points textile, en larme elles coudront les étoiles sur tous les vêtements.
... 
- Et vous Bérénice, que ferez-vous ?
- Moi ? Oh moi, j'ai déjà eu à faire ce choix il y a deux ans à la Comédie Française quand il fallait cacher ma judéité ou me faire reconnaître comme juive au risque de ne plus pouvoir jouer. Vous savez ce qu'il en a été. J'ai voulu le cacher, j'ai été rattrapée malgré moi. "Être juif, ça se porte" disait mon père. Pourtant je ne porterai pas cette étoile. Tout comme je ne me suis pas fait recenser, je refuse de me stigmatiser moi-même. On nous sacrifie, mais au nom de quoi ?

Dénoncée et finalement contrainte de quitter la Comédie Française, Bérénice prendra conscience de ce qu'elle est et entrera dans l'armée juive. 
- Acceptes-tu de devenir membre de l'Armée juive ?
- Oui
- Acceptes-tu de mettre ta vie au service du peuple juif ?
- Oui
- Es-tu prête à le jurer sur la Bible et sur le drapeau sioniste ?

- Oui
C'est donc avec beaucoup de sensibilité et de précision, qu'Isabelle Stibbe nous entraîne dans les coulisses de la Comédie Française et l'univers d'une troupe qui croit à la pertinence de la culture comme valeur. L’Occupation aura raison de leurs convictions.
Ce roman est particulièrement documenté et il faut dire que le parcours de l'auteure y est pour beaucoup (juriste de formation et enseignante à l'Institut d'études théâtrales de Paris III). L'ambiance du Paris théâtral de l’avant-guerre est très bien restituée, de même que la plaidoirie d’Alain Béron (page 105). On s'y croirait.
La troisième partie du livre plus dramatique, traite de la condition des juifs sous l'Occupation et de la nécessité de renoncer à ce qu'ils sont pour survivre. C'est ainsi que Bérenice se retire à l'Isle-Adam (ville que je connais particulièrement bien ;-)  chez son ami Alain Béron. Elle y mènera une vie discrète jusqu'à ce qu'elle y soit inquiétée et  qu'elle doive prendre la fuite. Son destin la mènera dans l'armée juive jusqu'à son arrestation.

Aucun doute, Isabelle Stibbe a un réel talent.  Véritable  hommage à la nécessité de l’idéal, de la passion dans une vie humaine, les mots, les phrases et les pages s'enchainent sans que l'on s'en rende compte.
On peine à croire qu'il s'agisse de son premier roman.  Peut-être parce que ce petit garçon qui mangeait de la  glace à la pistache sur la plage de l'Isle-Adam n'est autre que son père à qui elle dédicace ce livre.


A découvrir par tous les passionnés.

Bonne lecture !

dimanche 15 mars 2015

Mon avis sur "Sombre dimanche" d'Alice Zeniter

"Sombre dimanche" est  le 3ème roman d'Alice Zeniter.
Il a reçu le Prix du livre Inter 2013, le Prix des lecteurs de l'Express et celui de la Closerie des Lilas, rien de moins !

Ce roman a été sélectionné pour le Prix des Lecteurs du livre de poche.

Alice Zeniter a publié un premier roman à l'âge de 16 ans, "Deux moins un égal zéro" qui obtint le Prix littéraire de la ville de Caen 2003. En 2010, son second roman "Jusque dans nos bras" a également été très remarqué.

"Sombre dimanche" raconte 30 ans de la vie d'un pays, la Hongrie avant et après le communisme, d'un peuple et surtout d'une famille, les Mandy.

Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest. Le jeune Imre grandit dans un univers opaque, mélancolique, de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l'effondrement de l'URSS, qui fait entrer dans la vie d'Imre les sex-shops, le consumérisme, et Kerstin, une jeune Allemande et une certaine idée de l'Ouest libre et heureux. Si le régime a changé, Imre sait bien que ce bonheur-là n'est pas pour lui.

A travers les 3 générations de cette famille c'est l'histoire de la Hongrie qu'Alice Zeniter nous raconte, du rapprochement avec l'Allemagne nazie en 1930, à la sortie du communisme en 1990 et l'espoir d'une liberté enfin retrouvée.
Malgré le changement de régime politique, le temps semble figé pour cette famille depuis que la grand-mère, Sara, est morte. Derrière les non-dits et la culpabilité, le grand-père noie son amertume dans l'alcool et les injures, le père dans une permanente rêverie triste. Le petit-fils, Imre souhaite à l'instar de sa sœur, s'émanciper. Et si son émancipation passait par le Diamond Sex Shop et la rencontre d'une californienne ? Mais du communisme au consumérisme, point de salut pour les Mandy qui restent impuissants à prendre leur destinée en mains. 

Alice Zeniter nous offre un beau texte qui nous enveloppe d'une douce mélancolie. Elle a le sens du récit, du détail et de la formule qui révèle toute la fragilité et les contradictions des personnages.

Le récit des premiers émois sexuels d'Imre est juste superbement écrit. Jugez plutôt :
"Ses tétons étaient sombres comme de petites statues de bois posées à la pointe des seins. Ils auraient pu rouler soudain, tant leur attache semblait fragile. Quand elle se pencha pour se savonner les pieds, il vit la peau plus foncée, violette, entre ses fesses, la fossette presque invisible de son anus. La sensation qu'il éprouva fut d'une violence surprenante. C'était un coup qui le cueillit au même moment à la tête et au ventre. Il eut l'impression de se disloquer. Sa peau brûla subitement malgré la sueur qui le couvrait. Et il eut faim, une faim terrible, comme si tout le sucre avait disparu de son corps. Il crut qu'il allait s'évanouir. En s'appuyant au mur, il réalisa que son érection était plus qu'évidente. Il la cacha des mains, surpris lui-même de sa propre dureté -il n'avait pas la présence d’esprit suffisante pour être fier. Le simple contact de ses doigts sur la bosse de son maillot de bain suffit à déclencher une éjaculation brève et maladroite. Imre grimaça, gémit aussi bas qu'il le pouvait, s'efforçant de faire face au mur. Après quelques secondes de spasmes minuscules, la stupidité de l'évènement le frappa. Il était sur le point de pleurer. Le contact du mur carrelé, froid et humide, était affreux. Imre se sentait très seul. Il aurait voulu pouvoir marcher jusqu'à la femme aux cheveux orange et la serrer fort contre lui, sous le jet irrégulier des douches. Il se contenta de fermer discrètement la porte et se dirigea en titubant vers le bac à glace où il piocha de larges poignées qu'il se colla sur le torse et le visage d'une telle force qu'il se fit saigner la lèvre."

Alors sombre mon dimanche ?
Absolument pas, bien que je doive bien l'avouer, je suis un peu déçue.
Pour un prix du livre Inter,  je m'attendais à mieux. J'aurai apprécié que l'auteure rajoute quelques pages (il n'y en a que 254) pour développer le contexte historico-politique.

Quoi qu'il en soit, Alice Zeniter mérite qu'on la lise !

Bonne lecture !


vendredi 13 mars 2015

Qui s'expose du 20 au 23 Mars-15 ?

Être membre du jury du Prix des lecteurs du Livre de Poche, ça a du bon...

Voyez un peu ce que j'ai reçu... 




Et oui, une invitation au Salon du livre de Paris.
Alors, qui va chauffer le week-end prochain ?  

Ma CB of course !

http://www.salondulivreparis.com/

Vivement le week-end prochain !



dimanche 1 mars 2015

Mon avis sur "Oona & Salinger" de Frédéric Beigbeder


Qu'il agace ou qu'il fascine, une chose est sûre, Frédéric Beigbeder ne laisse pas indifférent. Il faut dire qu'il fait tout pour...
Avec sa belle gueule de dandy, son romantisme, son humour, son côté branché, son sens critique affuté, son autodérision, sans oublier sa belle plume, ce (presque) quinqua a tout pour plaire. 

Je dois bien l'avouer, moi il me plaît... 
 
Mais au-delà de sa belle gueule, ce que j'aime chez lui, ce sont ses romans.

En 2007 alors que Frédéric Beigbeder se trouvait dans le New Hampshire pour réaliser un reportage, il eut la folle envie de rendre visite à son écrivain préféré, Jerome David Salinger, l'auteur de "L'Attrape-coeurs" qui n'a plus rien publié depuis 1965.

Se trouvant devant sa ferme, Frédéric Beigbeder n'a finalement pas souhaité déranger son idole. Timide et courtois, il ne se voyait pas sonner à la porte d'un reclus comme un sale gosse déguisé en sorcière qui réclame des bonbons le soir Halloween.
Pour se faire pardonner d'avoir renoncé à quelques mètres de son but, Frédéric Beigeder invita toute son équipe à déjeuner dans le restaurant préféré de J.D. Salinger, le "Lou's" à Hanover.

C'est alors qu'il tomba sur la photographie d'une femme sublime : Oona O'Neill, fille du dramaturge Eugène O'Neill. Il se trouve que cette femme a été l'amoureuse de  J.D. Salinger.
C'est à partir de cette histoire que Fréderic Beigbeder a imaginé un roman de pure faction. Les personnages sont réels, les lieux existent (ou ont existé), les faits sont authentiques et les dates toutes vérifiables. Le reste est imaginaire.

J.D. Salinger a 21 ans en 1940 lorsqu'il rencontre Oona O'Neill, âgée de 15 ans. Leur idylle ne commencera vraiment que l'été suivant, quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, J.D. Salinger est appelé pour combattre en Europe, Oona part tenter sa chance à Hollywood. Séparés, les amoureux ne se marièrent jamais et n'eurent aucun enfant. 

Considérant que l'amour est le plus beau quand il est impossible et que les êtres qui s'aiment le plus sont ceux qui ne s'aimeront jamais, Frédéric Beigbeder nous livre une superbe histoire d'amour dont le héros n'est autre que J.D. Salinger.
A travers ce roman, on côtoie Truman Capote, 
Ernest Hemingway, Charlie Chaplin, mais également les horreurs de la seconde guerre mondiale, durant laquelle Frédéric Beigbeder a imaginé le contenu de la correspondance entre Oona O'Neill et J.D. Salinger (les vraies lettres restant cachées en Suisse et gardent leur mystère éternel).

C'est donc avec grand plaisir que j'ai découvert un Frédéric Beigbeder quelque peu changé, plus sensible et n'en déplaise à certains, plus mature.

Vive les histoires d'amour impossibles, elles sont l'occasion de nous donner un beau roman à découvrir.

Bonne lecture !