vendredi 30 septembre 2016

Mon avis sur "Riquet à la houppe" d'Amélie Nothomb

La vie est remplie de premières fois. Riquet à la houppe est l'une d'elles. Et oui, c'est la première fois que je lis du Amélie Nothomb. Pourtant j'ai déjà essayé. Je me souviens par exemple, que Métaphysique des tubes m'était littéralement tombé des mains. N'en parlons plus ! D'autant que si certaines premières fois s'annoncent délicieuses, je sais maintenant que l'on peut s'en délecter. Riquet à la houppe m'a procuré cette émotion. Revisiter le conte de Perrault, pour redonner aux lecteurs un peu de leur enfance perdue, en voilà une belle idée ! 

Enceinte à quarante-huit ans pour la première fois, Énide attendait l'accouchement comme d'autres la roulette russe. Ce qu'Énide ne savait pas encore c'est que ce bébé serait particulièrement laid,  vraiment laid et qu'il le resterait toute sa vie durant. Peu importe, Énide et Honorat se résignèrent à aimer leur rejeton. Conscient de sa répugnance, Déodat la compensera par son intelligence hors norme.  Non loin de là, Lierre et Rose donnèrent naissance à une petite Trémière d'une beauté exceptionnelle mais dotée de peu d'esprit. Trop accaparée par son activité professionnelle, Rose confiera sa fille à sa propre mère. Trémière sera élevée par Passerose. 
L'un est laid mais aimé de ses parents, l'autre est belle mais délaissée de ses géniteurs, deux destins qui divergent et pourtant qui vont converger. Tous deux doivent affronter le regard des autres. L'un parce que particulièrement hideux, l'autre parce que gâtée par dame nature. L'un et l'autre seront harcelés et marginalisés quand retentira la cloche de l'école. L'un s'en sortira grâce à son extrême intelligence, l'autre parce qu'elle ne captera pas tous les propos et sous-entendus des autres. Bien que tout semble les opposer, Déodat et Trémière finiront par se rencontrer pour ne plus se quitter...

Riquet à la houppe a beau être un conte du XVIIème siècle, il est vraiment d'actualité. Il faut dire qu'Amélie Nothomb l'a modernisé. Avec finesse, subtilité et beaucoup d'humour elle égratigne notre société actuelle. Explorant les contrastes, Amélie Nothomb dénonce, à travers ce conte, le diktat de notre société, l'apparence. Mais attention pas n'importe laquelle, celle qui reste acceptable. Elle démontre qu'être différent de par sa laideur ou sa beauté est finalement un handicap qui produit les mêmes effets. Il met, celui qui en est porteur, au ban de notre société. Amélie Nothomb combat également les préjugés. Elle a fait de Trémière une jolie illustration du célèbre "Sois belle et tais toi". Une fille ne pourrait donc pas être à la fois belle et intelligente ? Mais heureusement l'auteure respecte les codes du conte...

Et parce qu'une telle première fois, en appelle forcément d'autres, je crois que je n'ai pas fini de me délecter...

Belle lecture !

lundi 26 septembre 2016

Mon avis sur "Petit pays" de Gaël Faye

Né en 1982 au Burundi d'une mère rwandaise et d'un père français, Gaël Faye a connu la guerre civile et le génocide des Tutsi au Rwanda, avant d'arriver en France. Après des études dans la finance et avoir travaillé deux ans dans la City, il a préféré embrasser une carrière d'auteur compositeur interprète de rap. Son premier album solo, Pili Pili sur un Croissant au Beurre est sorti en 2013.  
Du rap au roman, il n'y avait qu'une ligne, que Gaël Faye a franchi avec succès. Petit pays est son premier roman. Et quel premier roman ! Pas étonnant qu'il ait déjà raflé le Prix du roman FNAC 2016 et à en croire mon petit doigt, ce n'est qu'un début...

Nous sommes en 1992, au Burundi. Gaby, dix ans, vit avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gaby, passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce  « petit pays » d’Afrique. Gaby  verra ses parents se séparer, la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence va l'envahir, l’imprégner et tout va basculer. Gaby se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
"Quand je serai grand, je veux être mécanicien pour ne jamais être en panne dans la vie."

Avec un sens du romanesque que l'on présume inné, Gaël Faye fait ressurgir un monde oublié, celui des parfums de l'enfance. Petit pays est en quelque sorte sa « madeleine de Proust » 
Il y est question de bonheurs simples, d'une bande de cinq gamins baptisée les Kinanira Boyz, qui se retrouve après le déjeuner dans leur quartier général, l'épave abandonnée d'un Combi Volkswagen au milieu d'un terrain vague. Ils discutent, rigolent, fument en cachette, écoutent les histoires incroyables de Gino, les blagues des jumeaux, assistent aux expériences d'Armand, capable de toucher son nez avec sa langue, de décapsuler des bouteilles avec ses dents et de tant d'autres choses encore.  
Dans ce Combi, ils dégustent les mangues chapardées dont le jus coule sur le menton, les joues, les bras, les vêtements, les pieds. Dans ce Combi,  ils rêvent beaucoup, s'imaginent, le cœur impatient, les joies et les aventures que la vie ne manquera pas de leur réserver. 
Ils faisaient les quatre cents coups, ils étaient heureux et tranquilles...
Et puis la guerre a éclaté au Rwanda. 
Le temps de l’insouciance et ses petits bonheurs ont volé en éclat, pour laisser place aux tourments et aux interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui va le propulser vers l'horreur et le déracinement. Les Kinanira Boyz sont devenus une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. 
"Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s'y sont pas noyés sont mazoutés à vie."

Le génocide, Gaël Faye l'a connu. Bien que Petit pays ne soit pas un roman autobiographique, l'auteur s'est  largement inspiré de son vécu pour évoquer ce drame. Mais avant l'indicible, il nous narre son enfance, semblable à toute autre avant d'exploser et de propulser les siens aux quatre coins du monde.   
Cette  histoire, Gaël Faye nous la livre sans pathos, d'abord avec humour, puis avec une certaine pudeur et toujours avec délicatesse. On ne vit pas le génocide frontalement, mais de biais, à travers l narration de Gaby, cet enfant devenu un homme un peu trop brutalement. 
"Mon identité pèse mon poids de cadavres."

Petit pays nous parvient tel un cri. Il est d'une force exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour. Petit pays n'a rien d'un petit livre, bien au contraire ! 
Il est de ceux qui nous imprègne des couleurs, des goûts, des rythmes, des drames de l'Afrique avec tant de justesse, de douceur et de gravité mêlées qu'il sera à jamais gravé dans nos mémoires.   
Un conseil, lisez-le ! 
Belle lecture !

mercredi 21 septembre 2016

Mon avis sur "Espagnes" d'Alain Freudiger

C'est bien connu, les histoires les plus courtes sont les meilleures. En littérature, les récits brefs avec une chute inattendue sont un régal pour le lecteur et nécessitent un vrai talent d'écriture. Les nouvelles de Guy de Maupassant, de Stefan Zweig ou de Milan Kundera pour ne citer qu'eux, m'ont laissé un souvenir impérissable. J'en salive encore...
Alors, lorsque Babelio m'a proposé de chroniquer Espagnes, le recueil de nouvelles d'Alain Freudiger, ces délicieux souvenirs de lecture ont refait surface. Je me réjouissais de renouer avec ce genre littéraire. Et pourtant...

Espagnes regroupe treize nouvelles sur le thème, plus ou moins apparent, de la rupture et de la recomposition. La quatrième de couverture nous promettait une immersion dans des scènes tirées du quotidien (une entraide au bureau entre collègues, une prise de pouvoir au sein d’une association, les envies d’un adolescent dans un village isolé ou une crise de colère en face d’un immeuble), une réalité malmenée par des détails symboliques, comiques ou absurdes. Autant de promesses non tenues !
En effet, l'auteur n'a pas réussi à m'emporter dans son univers. J'ai vu défiler des histoires, comme on voit défiler un paysage sans charme particulier. Je suis restée plantée là sur un trottoir à attendre une émotion qui n'était pas au rendez-vous, pourtant je l'ai cherchée. Je l'ai cherchée à travers une poignée de gravier, un être cher disparu, un pays verdoyant quitté, un castor rongeur, une fenêtre, une salle de réunion et même à travers un haricot moisi. À force d'attendre quelque chose qui ne vient pas, on finit par s'ennuyer et à songer déjà à ses prochaines lectures ce, même si l'on persévère parce que l'on espère jusqu'au bout...

Bien que l'écriture ne soit pas déplaisante, il m'a manqué l'essentiel, les émotions. Dommage, vraiment !

Malgré cette déception, je tiens à remercier Babelio ainsi que les Éditions La Baconnière de m'avoir sollicitée. Votre confiance m'honore.

Belle lecture !

dimanche 18 septembre 2016

Mon avis sur "Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson

Qui n'a jamais rêvé de changer le monde ? 
On l'a tous refait, maintes fois. Un soir d'hiver au coin du feu avec des potes, un verre à la main ; un jour de colère ; un lendemain d'élection. Sylvain Tesson aventurier et écrivain, n'a pas échappé pas à la règle. Mais lui, il a très vite compris qu'il n'allait pas pouvoir faire grand-chose pour le changer, le monde. Il s'était juré de se retirer au fond des bois avant ses quarante ans et d'y expérimenter une existence resserrée autour de quelques besoins vitaux. Il voulait faire sa révolution. Il a acquis une isba (maison russe traditionnelle construite en bois) loin de tout, sur les bords du lac Baïkal, en Russie orientale. Là, durant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, il a tâché d'être heureux. Il croit y être parvenu.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence ?

Deux chiens, un poêle à bois, des livres, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Sylvain Tesson l'a expérimenté. Il a vécu en ermite au bord du lac Baïkal gelé, là où la rumeur du monde n'atteint pas ses rivages, avec six mois de vivres, de quoi pêcher, de la vodka et des livres. Une cabane en bois pour tout abri, pas de route, pas de voisins, Sylvain Tesson voulait savoir s'il avait une vie intérieure. Loin des regards des autres et pour ne pas devenir fou, l'ermite s'est imposé un rite immuable.  Écriture de son journal et lecture le matin, tâches nécessaires à la survie (coupe du bois, pêche...) l'après-midi. Dans son cabinet de méditation délocalisé dans les Taïga, Sylvain Tesson s'adonne à la lecture, à la contemplation, à la réflexion. Le temps s'écoule lentement, loin du tumulte des civilisations urbanisées, il va l'apprivoiser grâce au génie du lieu. Libéré de toutes contraintes, Sylvain Tesson regarde les jours passer, face au lac et à la forêt. Les livres sont ses meilleurs compagnons, ils se tiennent là silencieux, prêts à tout donner. A l'instar du Robinson de Michel Tournier, Sylvain Tesson va tenter dans un premier temps de reproduire le monde qu'il a quitté, puis va peu à peu se métamorphoser, perdre sa mue pour finalement avoir une conversation tantôt poétique, tantôt philosophique avec la nature. Il va faire entrer en lui l'unité du monde. Il a connu l'hiver, le printemps, le bonheur, le désespoir et, finalement, la paix. Et puis, il a fallu rentrer...

Cette paix,  Sylvain Tesson l'a consignée dans son journal de bord qu'il a nommé Dans les forêts de Sibérie. Jour après jour, il a retranscrit ses pensées, ses réflexions, ses états d'âme. Ce journal d'ermitage est un hymne à la solitude, une invitation à une autre façon d'être dans le temps. Bien écrit, ce récit qui s'apparente davantage à un essai, a été récompensé par le Prix Médicis Essai en 2011. Il se visualise autant qu'il se lit. Il a été adapté à l'écran par Safy Nebbou. Sorti le 15 juin dernier, Dans les forêts de Sibérie sera disponible en DVD dès le 19 octobre prochain.


Comme le dit Sylvain Tesson, tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

Belle lecture, beau voyage intérieur et un grand merci à Lecteurs.com pour leur confiance renouvelée !

mercredi 14 septembre 2016

Mon avis sur "Le grand marin" de Catherine Poulain

Catherine Poulain est ce genre de femme qui marque les esprits. Rencontrée l'hiver dernier à l'occasion du Salon du Livre à Paris, elle m'avait littéralement scotchée. Malgré une apparence frêle et fragile, c'est une vraie baroudeuse. Elle a commencé à voyager très jeune, a été, au gré de ses voyages, employée dans une conserverie de poissons en Islande et sur les chantiers navals aux U.S.A., travailleuse agricole au Canada, barmaid à Hong-Kong, et a pêché pendant dix ans en Alaska. Installée entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, elle est aujourd'hui respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin, son premier roman lui ressemble. C'est un roman d'aventure, c'est son roman d'aventure.

Lili haute comme trois pommes a soif de liberté. Elle décide de mettre les voiles, de quitter l'ennui de Manosque-les-Plateaux pour rejoindre l’Alaska. Lili n'a qu'un rêve, pêcher. Ils riaient, se moquaient, la traitaient de folle. Mais Lili a traversé le grand pays, pour amarrer sur les îles de Kodiak tout en désirant rejoindre, un jour, Point Barrow. Même si elle n'a pas le sésame, la fameuse green card, Lili parviendra, le temps de la saison de la morue noire, à se faire adopter par un palangrier, "le Rebel". Lili embarquera pour plusieurs semaines. Seule femme à bord, elle devra travailler durement aux côtés d'hommes bourrus, limite autistes, qui ne s'expriment qu'en braillant, hurlant, qui n'auront aucune compassion pour cette carcasse de moineau, aucun  remord à lui piquer sa couchette et à la laisser dormir à même le sol. Lili s’acharnera au travail malgré le  froid, le vent, le sel, les blessures, l'épuisement. Rien ne démontera ce petit bout de femme pugnace qui abat un travail titanesque, encaisse les épreuves avec courage. Parce qu'elle n'abdique jamais, Lili gagnera l'estime des hommes. Puis, la saison de la morue noire s'achèvera, Lili n'aura qu'une envie, reprendre la mer. Alors en attendant de se faire adopter par un autre équipage, d'aller pêcher le flétan, il y aura les bars. Non, pas les poissons, je veux parler de ceux que les pêcheurs écument une fois la terre ferme gagnée. Mais lasse de leurs beuveries, Lili préférera partir avec son grand marin avant de revenir pour de nouveau prendre le large.

Le grand marin paru en février dernier et a d'ores et déjà reçu pas moins de sept prix littéraires. Il suffit de regarder la couverture pour s'en rendre compte. Finalement rien d'étonnant à cela, puisque dès les premières pages, portée par une écriture précise et poétique, Catherine Poulain nous embarque dans l’atmosphère âpre et rude de l’Alaska, "the last Frontier". Nous sommes transportés dans  cet univers marin et impitoyable pour celui qui est incapable de se dépasser, d'affronter les éléments, de surmonter sa solitude. Sans fioritures, ni emballage, c'est à partir de son expérience et de  ses notes de voyage, que l'auteure relate une aventure à la fois physique et humaine. Elle nous livre le portrait de ces loups solitaires amoureux de la mer, au caractère bien trempé qui mènent une vie rude, parfois désespérée. Le grand marin est un beau roman d'atmosphère. Inégal, j'ai préféré la première partie qui nous emporte vers un ailleurs que nous découvrons avec intérêt. La seconde partie est plus consacrée aux errements de ces marins qui, une fois débarqués, tournent en rond et nous avec. 
Nonobstant, je reste persuadée que Catherine Poulain n'a pas fini de nous surprendre. C'est une auteure pleine de promesse à l'écriture juste et précise qui a tellement de carnets de notes, qu'elle a de quoi écrire au moins cinq livres. Vivement les prochains !

Belle lecture à tou(te)s !

jeudi 8 septembre 2016

Mon avis sur le Prix du meilleur roman 2016 des Editions Points


C'est officiel, le grand vainqueur de Prix du meilleur roman des lecteurs des Éditions Points est Michel Moutot pour son vertigineux Ciel d'acier. C'est hier soir, lors de la soirée qui s'est déroulée à l’hôtel d'Aubusson à Paris en présence de Philippe Delerm, Président de cette 4ème édition du Prix du meilleur roman, que le journaliste et écrivain a reçu sa récompense.


Pour rappel, le jury de ce Prix est composé de 40 lecteurs et de 20 libraires qui ont pour mission d'élire le meilleur roman parmi les douze en lice.  
 
Ciel d'acier
Les 12 romans de la sélection 2016
a remporté 15 voix, dont la mienne... Et
oui, j'ai eu la chance de vivre cette superbe aventure qui s'est clôturée en beauté, puisqu'hier nous avons pu rencontrer Michel Moutot. J'ai donc saisi l'occasion de lui dire combien son Ciel d'acier m'a transportée, combien j'ai apprécié l'histoire fascinante des Indiens Mohawks, ces bâtisseurs de l'Amérique. Alors à quelques jours du quinzième anniversaire des attentats qui ont transformé le ciel de New York, je ne peux que vous conseiller le roman de Michel Moutot. Je l'ai écrit, les Éditions Points l'ont repris, Ciel d'acier c'est : « Vertigineux ! Une fresque épique à  découvrir de toute urgence. Un vrai bonheur de lecture !  » Fabienne, jurée.
 
Et voici, ma dédicace de "Ciel d'acier"

Une page se tourne. Le prix des lecteurs 2016 cède sa place au prix des lecteurs 2017. Alors, si l'aventure vous attire, vous pouvez tenter votre chance ici.

Avant de tourner ma page, il me reste à remercier très chaleureusement les Éditions Points. Vous m'avez offert non seulement de très beaux moments de lecture mais également la possibilité de découvrir de nouveaux auteurs. Alors pour tout le bonheur que vous nous avez apporté, tout simplement, merci !

Je tiens aussi à  remercier Michel Moutot. Ce fut un plaisir de vous lire et d'échanger avec vous hier soir. Je vous souhaite une longue et belle route ainsi qu'à votre Ciel d'acier. J'attends avec impatience votre prochain roman !  

Merci à tous et je vous souhaite de belles lectures !


mardi 6 septembre 2016

Mon avis sur le "Forum Fnac Livres"

Cela ne vous aura certainement pas échappé, depuis quelques jours, nous avons quitté le mois d'août et les vacances pour le plus grand nombre d'entre nous, pour accueillir le mois de septembre.   
 
Et qui dit Septembre, dit rentrée, qui dit rentrée, dit écoliers, qui dit écoliers, dit livres, et qui dit livres, dit rentrée littéraire. Et cette année la rentrée littéraire c'est pas moins de 560 nouveautés, autant dire des heures et des heures de lecture. Alors comment s'y retrouver surtout lorsque l'on sait que les lecteurs lisent en moyenne 16 livres par an
Évidemment, il y a les émissions et revues spécialisées, les divers sites Internet, les salons littéraires sans oublier le fameux bouche à oreille. Et bien cette année, il faut compter avec un petit nouveau, le Forum Fnac Livres. En effet, pour la première fois la Fnac a souhaité donner le coup d’envoi de la rentrée littéraire en organisant un forum dédié aux livres et à leurs auteurs. 


Le Forum Fnac Livres se déroulait sur 3 jours, du vendredi 2 au dimanche 4 septembre au Carreau du Temple à Paris. Autant dire que cet évènement avait un petit goût de salon du livre avec une différence de taille, c'est que cette manifestation était gratuite et ouverte à tous. Le Forum Fnac Livres a permis aux lecteurs de rencontrer plus d'une centaine d'auteurs, d'échanger avec eux, c'était également la possibilité d'assister à des débats, des séances de dédicace et cerise sur le gâteau, le Forum Fnac Livres c'était aussi la possibilité d'embarquer dans un bus des années 30 pour une promenade à travers la capitale en compagnie de vos auteurs préférés, parmi lesquels, Sorj Chalandon... Une sacrée bonne idée ! Autre sacrée bonne initiative, les lecteurs étaient invités à partager leurs coups de cœur sur le "mur d'expression", au moyen de post-it mis à leur disposition. Et ça donnait ça...

Exemple de post-it laissés par les visiteurs sur le "mur d'expression"

Et puis, parce que pour lire, il faut être confortablement installé, la Fnac avait prévu d'énormes poufs dans lesquels on pouvait se vautrer pour lire, écouter les débats ou tout simplement se poser,  admirer et caresser ses derniers achats prometteurs... Tout était donc réuni pour que la première édition du Forum Fnac Livres soit une réussite. Et pour m'y être rendue dimanche 4 septembre, je peux vous confirmer que ça l'était. 

Ce forum était réussi du fait de la qualité des auteurs présents, de leur gentillesse et de leur disponibilité. Des auteurs, il y en avait pour tous les goûts. Tous les genres littéraires étaient représentés, du livre pratique, à la bande-dessinée en passant par le polar, la science-fiction, la littérature jeunesse sans oublier la littérature contemporaine. Quant aux débats, ils étaient de qualité, certes trop courts, on aurait voulu qu'ils se poursuivent à l'infini, mais ils ont permis aux auteurs, s'il en était besoin, de nous donner envie de les lire et surtout de partager avec nous leur univers.
Pour ma part, j'ai découvert le talent de Gaël Faye, le lauréat du Prix du roman Fnac 2016 avec son Petit pays dont je vais me délecter très prochainement. Mais je dois bien l'avouer, si je me suis rendue au Forum c'était surtout pour y  rencontrer Jean-Paul Dubois, cet auteur talentueux que j'affectionne tout particulièrement. Objectif atteint et largement dépassé ! Et oui, non seulement j'ai eu l'occasion d'échanger avec lui à propos de son dernier roman, La succession, que je me suis bien évidemment fait dédicacer, mais nous avons pris le temps de discuter littérature. J'ai profité de cet instant pour lui raconter une anecdote qui m'est arrivée lorsque je lisais son superbe roman, La vie française.  Jean-Paul Dubois est tellement sympathique et accessible que j'ai pu lui dire en toute sincérité et avec pudeur toute mon admiration et combien j'aimais son écriture, ce à quoi il m'a répondu avec une grande humilité qu'il n'avait aucun don et que l'écriture était somme toute quelque chose de mécanique. Il suffit selon lui de s'entraîner pour parvenir à écrire un roman. Si seulement... Jean-Paul Dubois est un auteur comme je les aime, éminemment talentueux, sans se prendre au sérieux. Il se plaît à dire qu'il a une vie inutile et parfaitement heureuse et revendique le droit à la paresse, au bonheur et à la dépression. Inutile certainement pas !  Paresseux, je ne pense pas. Jean-Paul Dubois est un auteur discret, qui ne se prend pas au sérieux, mais qui revendique le sérieux dans tout ce qu'il entreprend. Et ça se sent ! Lors du débat qui était organisé, il a déclaré avoir, depuis son dernier livre une obsession, savoir comment il sera habillé pour son enterrement... Qu'il n'y songe plus, les grands auteurs ne meurent jamais...
Le Forum Fnac Livres a permis de ce genre de rencontres, celles qui vous touchent et que vous n’oublierez pas de sitôt... 

Jean-Paul Dubois me dédicaçant son dernier roman et lors de la conférence sur le thème du roman familial contemporain
 
Et voici, ma dédicace...

Le Forum Fnac Livres s'est terminé dimanche 4 septembre, mais  c'est certain il reviendra. Un grand merci donc à la Fnac, mais surtout à tous ces auteurs pour leur accessibilité, leur simplicité et leur gentillesse. Nous, lecteurs, nous ne pouvons que vous encourager à nous faire rêver. Tant que vous écrirez, nous lirons...

Belle lecture !