mercredi 31 mai 2017

Mon avis sur "Café ! Un garçon s'il vous plaît" d'Agnès Abécassis

Et si commander l'amour était aussi simple que de s’assoir en terrasse et de trouver un café, on peut toujours rêver, n'est-ce pas ? Il n’empêche que parfois, tout peut commencer par un bon café, il suffit de demander ! Garçon ?

Vous avez commandé un garçon ?
En voici un sur un plateau, se dit Lutèce, en retrouvant la trace de son premier amour. Mais le temps aura-t-il préservé la fraicheur de leurs souvenirs ?
Et puis arrive Tom, le flic tendre. Quand Régine le trompe et qu’il le découvre, par dépit, il la trompe aussi. Avant de réaliser qu’elle n’avait pas fauté…
Ava, c’est l’artiste qui aime trainer dans les cafés pour y chercher l’inspiration. Un jour, on lui commande le portrait d’une actrice célèbre. L’occasion pour sa carrière de décoller ! Mais rien ne se passe comme prévu, et elle qui pensait boire du petit lait risque de devoir attendre un peu avant de sabrer le champagne.

Café ! Un garçon s'il vous plaît est une histoire pleine de rires, de larmes, de chocolat et d’un soupçon de crème. 
Ava, ses copines, Tom, Félix, Lutèce et les autres sont artiste-peintre, flic, avocat, retraité, célibataire, marié, divorcé ou encore veuf. Ils ont tous un point commun, l’amour est réellement leur tasse de thé. Au-delà de leur quête, ils sont tous terriblement ancrés dans notre société actuelle, ce qui rend leur histoire parfaitement crédible. 
Café ! Un garçon s'il vous plaît est un roman choral aussi léger qu'une crème fouettée. Chaque chapitre est dédié à un personnage et se lit comme une gourmandise que l'on a envie de croquer à pleine dent à l'instar des personnages qui croquent la vie. 

Bien qu'il soit sans réelle surprise parce qu'un peu déjà vu, Café ! Un garçon s'il vous plaît est un feel good book que la plume d'Agnès Abécassis -que je découvre- rend très agréable à lire. C'est un roman sans prétention résolument optimiste, gorgé d’humour et d'émotions. Il est léger comme une petite robe d'été, savoureux comme un café frappé. Il est à lire confortablement installé dans un transat à l'ombre d'un saule pleureur. 

J'adresse tous mes sincères remerciements à NetGalley  et au Livre de Poche qui m'ont permis de découvrir ce sympathique roman. Allez, c'est pas tout ça, je reprendrai bien un garçon, moi. Café !

Belle lecture !

mardi 30 mai 2017

Mon avis sur "Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio

Terre d'accueil depuis 1840, les États-Unis ont toujours été une destination privilégiée des migrants. Entre 1860 et 1920, ce sont plus de quatre millions d’italiens qui ont cru au rêve américain. Le gang des rêves c'est exactement cela, le rêve américain pour italiens fuyant la misère et rêvant d'intégration et de réussite.

Lorsque Cetta décide de quitter l’Italie avec son fils Natale, elle s'imagine qu'une vie meilleure va s'offrir à elle en Amérique et que tout sera possible. Cetta va vite déchanter. C'est sur le trottoir qu'elle va atterrir. Prête à tout pour que son fils s’intègre et qu'il devienne un vrai petit américain, elle va commencer par le rebaptiser Christmas. Il va grandir dans les bas-fonds de New-York et ne rêver qu'à une chose, créer son gang, les Diamond Dogs. Une vraie légende... Ce chef de gang au grand cœur va porter secourir une jeune fille, Ruth. Alors que tout les oppose, ils vont dépasser leurs différences et lier leur destin. Ils se perdront, se retrouveront, se reperdront... La voix et le bagout de Christmas résonneront jusqu'à la côte ouest où Ruth finira par échouer.

Le Gang des rêves commence dans une violence inouïe, celle faite aux femmes, aux migrants, celle que l'on rencontre dans les bas-fonds, chez les drogués, les alcooliques, les enragés. Elle dure toute la première partie du roman. Limite insoutenable, elle est très dérangeante. Puis heureusement, le rêve américain et l'amour prennent le dessus. Les rêves pour vivre, l'amour pour dépasser toutes les barrières qu'elles soient sociales ou personnelles. A partir de ce moment, nous voici propulsés en plein cœur d'un New-York des années vingt et de la grande dépression. On suit Christmas dans ses aventures. On se laisse embobiner par lui, on fait nos premiers pas dans la mafia, on le soutient et c'est la voix chevrotante que l'on finira par hisser le torchon.

Avec Le Gang des rêves, Luca Di Fulvio nous livre une fresque sur l'Amérique du début du dix-neuvième siècle, un roman d'apprentissage où il sera question d'immigration, de racisme, de syndicalisme, de prohibition, de sexe, de drogue, de théâtre, de music-hall, des prémices du cinéma parlant et de la radio. Les personnages bâtissent leur destin en même temps que la légende. Là-bas, tout devient possible même quand plus personne n'y croit.

Le gang des rêves se lit comme un film. Les pages s'enchaînent comme les plans séquence. Le style est fluide, entraînant,  cinématographique. Tous les personnages ont une épaisseur et trouvent leur place au cœur de cette formidable saga. Il y a du Scorsese, du Coppola dans ce roman qui finira par prendre vie sur nos écrans puisqu'une adaptation cinématographique est en cours. 

Un conseil, lisez-le et pour supporter la violence de la première partie, n'oubliez pas que l'amour est toujours plus fort que la haine.

Belle lecture !

dimanche 28 mai 2017

Mon avis sur "Block 46" de Johana Gustawsson

Son nom a beau avoir des sonorités nordiques, Johana Gustawsson est bel et bien française et vient compléter la longue liste d'auteurs de thriller. Block 46 est son premier roman et nous embarque entre l'Allemagne de la Seconde guerre mondiale et Londres d'aujourd'hui.

Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.
Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.
Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie...
En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Simon Lagunas est le grand-père de Johana Gustawsson. Le 11 avril 1945, il a été libéré du camp de Buchenwald. C'est en mémoire des quarante-six mille victimes, des survivants et pour que plus jamais ces atrocités ne se reproduisent que l'auteure a souhaité évoquer cette époque tragique de la déportation dans Block 46.  Elle mêle les époques et les lieux, utilise subtilement les flash-back pour nous emporter du Londres contemporain au cœur du Block 46. Elle décrit avec justesse et réalisme les sévices perpétrés dans ces lieux et s'il en était encore besoin, nous prenons la mesure de toutes les horreurs dont l'être humain est capable.

Outre cet aspect touchant du roman et qui fait sens, le début de ma lecture a été laborieux. Le rythme est lent, les personnages ne sont de mon point de vue, pas assez marqués. On a du mal à les identifier. De ce fait, il est difficile de rentrer dans l'histoire. Puis doucement l'intrigue se met en place. On parvient alors à faire le lien entre passé et présent, on assiste impuissant aux scènes atroces du Block 46 pour finalement se laisser surprendre par une fin insoupçonnable.

Et quand vient le temps de définitivement reposer ce thriller, même s'il ne nous laissera pas un souvenir impérissable, on ne peut qu'être admiratif du cheminement de l'auteure et de son travail de recherche qui rend la description des scènes d'atrocités si réelles.  On referme Block 46 en se disant que pour un premier roman, c'est déjà pas si mal.

Bonne lecture !

jeudi 4 mai 2017

Mon avis sur "Nous rêvions juste de liberté" d'Henri Lœvenbruck

Toute personne qui lit s'est déjà posé cette question. Pourquoi lire ? Pour y répondre, certains en ont fait des livres. Paradoxal, non ? D'autres ont affirmé que lire ne servait à rien, c'est bien pour cela que c'est une grande chose. Et bien moi, je sais pourquoi je lis.
Je lis pour vivre ce que je viens de vivre. Je lis pour prendre une bonne claque (littéraire, bien sûr !). Et justement, je viens de m'en prendre une magistrale. Une qui m'a renversée. Et c'est Bohem qui me l'a filée, enfin, Henri Lœvenbruck. Bohem c'est le héros de Nous rêvions juste de liberté. Assez parlé, je vous le présente sans plus tarder.

"Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté." Ce rêve, la bande d’Hugo, dit Bohem, va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher.
Volontairement, je m'en tiendrai à la quatrième de couverture pour ne pas spoiler l'intrigue et surtout  parce que l'essentiel est ailleurs. Et cet ailleurs se trouve justement dans ce putain de bouquin. Autant vous prévenir de suite, à peine ouvert, Henri Lœvenbruck emprisonne le lecteur dans son univers. Adieu liberté chérie. Encore un sacré paradoxe ! 

Et oui, de la première à la dernière page, la terre peut bien s'arrêter de tourner, on s'en fout puisqu'on est avec Freddy, Hugo, Oscar et Alex. Quatre mauvais garçons au cœur immense qui ne rêvent que de liberté. Ils en rêvent à en crever. Alors plutôt que de croupir dans leur trou à rats, ils préféreront enfourcher leur moto, enquiller les miles et tracer la route en meute. Fini les contraintes, à eux la liberté. Dès lors, c'est cheveux au vent, le cœur léger, libéré de toutes obligations que nous suivons cette bande de potes. Les aventures, les larcins, les rencontres, les bagarres s'enchaînent. L'alcool coule à flot, les joints et la coke circulent librement, tout comme les filles. 
La liberté serait-elle synonyme de débauche ? N'allez pas croire que ces garçons ne sont dotés d'aucune morale, ils en ont une. Une bien à eux. Leur devise : Loyauté, Honneur, Respect. Et cette devise ils vont l'honorer au sein de leur clan de motards, les Spitfires. Il y a ceux qui la respecteront au pied de la lettre en toutes circonstances et ceux qui peu à peu s'en éloigneront jusqu'à trahir. 

Nous rêvions juste de liberté est un road-movie initiatique riche en émotions et en aventures. C'est une ode à la liberté, à la fraternité, à la vie. Bon sang que l'on se sent vivant avec cette bande. C'est au son des Rolling Stones, de Led Zep, de Queens ou de The Doors que le moteur de leur chooper  vrombit, que leur pot d'échappement chante potato potato, que l'asphalte glisse sous les roues et que les paysages défilent. Qu'il est bon de voyager avec Bohem. On s'accroche à lui comme à la vie avec la furieuse envie de ne jamais le quitter. 

Je vous le dis, il est impossible de rester insensible à l'histoire de Bohem, impossible de ne pas être touché en plein cœur. On sort de cette lecture tout ébouriffé, les yeux rougis, le souffle court.
Je vous le dis, ce livre m'a percutée. Il est de ceux que l'on attend, de ceux qui marquent à vie et que l'on n'oubliera jamais même quand on sera vieux et atteint d'Alzheimer. Tiens, on pourra même mourir qu'on s'en souviendra encore. On l'emportera dans l'au-delà et on le relira indéfiniment ! Oui, Bohem est à jamais ancré en moi.
  
Allez, un dernier coup de kick pour Henri Lœvenbruck. 
Henri, pardonnez-moi, mes mots ne sont pas à la hauteur de votre plume, de votre magistral roman. Je voudrai tant vous  rendre cette claque, mais je n'ai pas votre talent. Tout se bouscule, les mots se cognent, je n'arrive pas à coucher mes émotions sur cette page, c'est dire combien vous m'avez bouleversée. Nous rêvions juste de liberté, vous nous l'avez magnifiquement offerte.
MERCI Henri, vraiment !

Et vous autres, vous qui ne savez pas encore ce qu'est la liberté, lâchez tout. Venez faire rugir le moteur qui sommeille en vous. Lisez ce roman culte qui nous rappelle Easy Rider, la route de Kerouac, de Salinger ou de Steinbeck. Mais un conseil, dépêchez-vous, il est en cours d'adaptation et il serait vraiment dommage de ne pas l'avoir lu avant de le voir et si l'adaptation est bonne, de le revoir.

Très belle lecture !